“Voici une discipline inventée par une femme, où une fille maline saura défaire un mec bien plus fort”

“Voici une discipline inventée par une femme, où une fille maline saura défaire un mec bien plus fort”
Cette phrase résume parfaitement l'ADN du Wing Chun, notre art martial du sud de la Chine conçu sur une promesse simple : l'efficacité biomécanique, la maîtrise technique et le développement de la fluidité face à un adversaire plus grand et plus fort.

La tradition orale attribue la création du Wing Chun à deux femmes sous la dynastie Qing :

- Ng Mui (une nonne bouddhiste du monastère de Shaolin) observe un combat entre une grue et un serpent. Elle réalise qu'au lieu d'opposer la force à la force, la grue esquive avec fluidité et frappe avec précision les points vulnérables.

- Yim Wing-Chun (une jeune femme du village) est harcelée par un tyran local qui veut la forcer au mariage. Ng Mui lui enseigne son nouveau système. Grâce à cette méthode basée sur la stratégie plutôt que la masse musculaire, Yim Wing-Chun bat son harceleur en combat singulier et donne son nom à l'art martial.
La stratégie plutôt que la force ... Pour qu'un gabarit léger puisse neutraliser un « mec bourrin », le Wing Chun applique des principes physiques très stricts :
- La ligne centrale = Le système protège en priorité l'axe vertical du corps (yeux, gorge, nez, plexus, parties intimes). Plutôt que de faire de grands mouvements circulaires qui demandent de la force, toutes les attaques et défenses passent par le chemin le plus court, la ligne droite.

- Attaquer et défendre en même temps . Dans la plupart des arts martiaux traditionnels, on bloque puis on riposte. Le Wing Chun effectue la déviation et la frappe dans un seul et même temps moteur. Pendant qu'une main dévie le coup adverse, l'autre frappe déjà.

- Le relachement et la fluidité : utiliser son feeling et jouer avec la force de l'autre (Chi Sao). C'est le cœur de la discipline : les « mains collantes ». Au lieu d'opposer de la tension musculaire, le pratiquant reste relaxé pour absorber ou dévier la poussée adverse. Si l'adversaire pousse fort, on ne bloque pas : on pivote et on laisse sa propre force le déséquilibrer.

- Eviter le "spectaculaire" qui pourrait nous mettre en danger : pas de coups de pied sautés ou hauts, difficiles à réaliser sans échauffement (ou en jean bien serré ...). Notre ego est notre ennemi : le magnifique coup de pied circulaire retourné si bien maîtrisé à la salle d'entrainement peut être l'arrogance de trop dans la rue. Les coups de pied restent bas (genoux, tibias, entrejambe) pour garder un équilibre parfait : on cherche à compromettre la structure de l'adversaire.

- Les frappes de mains sont relâchées et s’enchaînent rapidement en visant les zones "molles" : utilisation des coudes, des paumes , du tranchant de la main, des doigts en pique, coups de poing ...

- Viser "là où ça fait mal" : on ne cible que ce qui ne peut pas être protégé par une grosse masse musculaire (et/ou graisseuse !) en évitant également les parties "dures" (du crâne par exemple).

Face à quelqu'un de plus lourd et agressif, le Wing Chun ne cherche pas le KO sur un échange de coups de poing, mais vise à fermer la distance, désactiver la garde de l'adversaire, et frapper immédiatement les zones sensibles.
Dans la cas d'une agression d'une femme par un homme bien plus puissant, la question ne sera donc jamais de montrer qui est le "plus fort" (la réponse est évidente), mais d'éviter un combat susceptible de durer (et de mal finir) en quittant au plus vite la zone, si nécessaire en faisant très mal à l'agresseur avant de pouvoir se dégager pour se mettre en sécurité.
Vous connaissez une personne intéressée par les arts martiaux chinois entre Grenoble et Chambéry ? N'hésitez pas à partager !

Suivez-nous sur Facebook ou Instagram